Le programme de l’AFFA 2017

Lien vers le discours d’Eric Thomas devant l’Assemblée élective.

Un autre football est possible

Le Football Français est à un carrefour de son histoire. Son modèle est à bout de souffle, comme ses clubs et ses bénévoles.

L’AFFA n’a pas la prétention de réinventer seule l’avenir de notre sport, mais nous souhaitons interpeller l’ensemble de ses acteurs, pour établir un constat et proposer des solutions.

Si un autre football est possible, son avenir passera nécessairement par le dialogue, une démocratie réelle, une gouvernance transparente et responsable, une volonté nouvelle d’associer chacun à la prise de décision, du bas en haut de la pyramide.

Notre projet : redonner la parole aux acteurs du football, pour construire ensemble un nouveau modèle.

Candidats pour faire entendre la voix du « foot d’en bas »

Créée en 2010, l’AFFA s’est fixée comme premier objectif de défendre le football amateur, afin de faire en sorte qu’il soit mieux entendu, plus soutenu. Cessons de considérer le football amateur comme la variable d’ajustement permanente du football français. Football professionnel et amateur sont complémentaires, ils doivent devenir partenaires et le football français pourra enfin avancer d’un même pas, sur ses deux jambes.

NOS OBJECTIFS :

  • Permettre le débat et la réflexion collective du football amateur,
  • Retrouver le sens des valeurs et de l’éthique,
  • Proposer des initiatives pour améliorer le jeu et l’esprit sportif,
  • Imaginer une gouvernance plus démocratique du football en adéquation avec son époque,
  • Obtenir les moyens nécessaires à notre action de service public,
  • Réfléchir au rôle citoyen et social du foot,
  • Ouvrir le football aux femmes et promouvoir la diversité.

L’enjeu sportif tend à nous faire oublier notre mission première qui est de former, d’éduquer les jeunes pour en faire des citoyens responsables, tout en leur transmettant les valeurs du sport.

1. Notre constat : le football, une mission de service public en péril

Loin des polémiques stériles et récurrentes, on les entend rarement et pourtant ils sont des milliers à assurer bénévolement et quotidiennement une mission de service public essentielle, au service des 2 millions de licenciés du football amateur.

Sur tous les territoires, urbains ou ruraux, nos clubs de sport jouent pleinement leur rôle social, éducatif et citoyen, tout en véhiculant les valeurs de tolérance, de fraternité et de respect. Le football par son caractère universel et populaire remplit cette mission grâce aux 800 000 bénévoles qui participent à la vie des 14 000 clubs. Pour combien de temps encore ?

En effet, nos clubs n’y arrivent plus en raison du découragement des dirigeants, de la baisse des aides des collectivités locales et surtout du poids administratif et financier excessif, infligé par les instances fédérales et supporté par les bénévoles des clubs amateurs. Toutes celles et tous ceux qui donnent du temps aux autres, conduisent les minibus, lavent les maillots, arbitrent, entraînent ou accompagnent nos jeunes footballeurs, font face, avec courage et ténacité, à des responsabilités de plus en plus écrasantes et préparent l’avenir de leurs clubs dans des conditions difficiles.

2. Plus de 4 000 clubs amateurs ont cessé leurs activités depuis 4 saisons

Nos instances ne sont plus au service des clubs, ce sont les clubs qui sont au service des instances !

Ce sont pourtant nos structures qui accueillent les licenciés chaque jour de la semaine. Le club est l’expression vivante du football, alors qu’il est encore considéré comme la variable d’ajustement permanente. Alors que notre sport est le seul service public, assuré par des bénévoles, ouvert souvent 7 jours sur 7, ne faudrait-il pas dès à présent se pencher sur la création d’un statut particulier du dirigeant bénévole ?

Pourtant, ce n’est pas l’argent qui manque dans le football. Financièrement, la FFF et nos instances se portent bien ; c’est la base de la pyramide qui manque cruellement de moyens, à tel point que ces dernières années, plus de 4 000 clubs ont mis la clé sous la porte, dans l’indifférence générale !

C’est souvent le principe de la triple peine qui s’applique : surcharge administrative des bénévoles + augmentation des coûts + baisse des ressources = asphyxie des clubs.

Alors que la FFF dit reverser en moyenne 55 à 60 M€ par an (hors Horizon Bleu) en direction du football amateur, ce ne sont que 10 M€ qui sont réellement destinés aux quelques 14 000 clubs amateurs, grâce aux financements du Fonds d’aide au football amateur (FAFA), par exemple pour l’achat de minibus, ou la construction de terrains synthétiques à 11, outils indispensables au développement du football amateur. Dans le même temps, le budget 2015 de la FFF annonçait 10,3 M€ de recettes provenant des clubs (4,8 M€) et des produits issus des licences et mutations (5,5 M€).

POUR INFORMATION (source budget FFF) :

  • les charges de personnel de la FFF s’élevaient à 35 M€ au 30 juin 2015 (contre 31,5 M€ au 30 juin 2011),
  • l’aide de la FFF aux Ligues et Districts s’élève en moyenne à 21 M€,
  • le soutien aux 390 clubs inscrits aux championnats fédéraux s’élève à 12,5 M€,
  • le soutien aux 14 000 clubs amateurs régionaux et départementaux s’élève à 10 M€ (FAFA).

La pression excessive que subissent les clubs amateurs s’exerce surtout sur les budgets, puisque ce sont 25 % en moyenne de nos ressources qui partent chaque année aux instances (FFF, Ligues et Districts) dans les cotisations licences, les inscriptions aux compétitions, les amendes administratives, ou encore les frais d’arbitrage.

Ainsi, d’après nos estimations, ce sont environ 100 M€ à 120 M€ par an qui sont ponctionnés dans les budgets des clubs amateurs pour financer le fonctionnement du football.

3. Un simulacre de Démocratie

Absence de démocratie et de transparence au sein de la FFF

Trois éléments essentiels au bon fonctionnement d’une démocratie sont en crise :

  • la dimension représentative,
  • la confiance liant les gouvernants et les gouvernés,
  • la légitimité des décisions prises en haut pour s’appliquer en bas.

Comment tolérer que l’élection du président de la plus grande fédération sportive de France dépende du seul vote de 3 présidents de clubs de Ligue 1, comme ce fut le cas en 2011 et puisse se dérouler dans des conditions matérielles d’opacité et d’absence totale de transparence des votes ? Depuis la réforme de 2011, l’élection du président de la FFF repose sur le vote, au suffrage direct des clubs professionnels. Or, depuis cette réforme les 40 présidents et les 1000 joueurs des clubs professionnels représentent à eux seuls 37 % du poids électoral de la FFF, alors que les 14 000 présidents des clubs amateurs qui représentent 2 millions de licenciés ne disposent eux d’aucune voix.

L’on peut aisément affirmer aujourd’hui, en paraphrasant la fameuse formule de Sieyès à propos du tiers-état, que pour le sport les clubs amateurs sont « tout », qu’ils n’ont « rien » été jusqu’à présent dans les fédérations et qu’ils aspirent à devenir « quelque chose »…

L’élection du président de la FFF devrait se faire autour d’un projet d’avenir, avec une base électorale élargie, comme le suggère le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) et concerner les présidents de tous les clubs de football, amateurs comme professionnels, qui disposent tous d’un numéro d’affiliation. Avec Internet et les outils numériques, le vote pourrait s’organiser sur un week-end. L’exemple vient de la Fédération Française de Rugby qui organise le vote de ses 1 834 clubs. C’est assurément l’ensemble du football français qui y gagnerait.

Candidats à l’élection de la FFF, pour faire entendre la voix du « foot d’en bas », dépossédés du droit de vote, nous ne pourrons pas nous y exprimer !

Découvrez les propositions.

Retrouvez l’intégralité du programme de la liste de l’AFFA en téléchargeant la version PDF.